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Apple Watch et les objets connectés : Quels bénéfices patient ?

16/10/2014 - En présentant début septembre son nouvel i-device, l’Apple Watch, le géant à la pomme confirme l’intérêt porté à un marché innovant, mais encore balbutiant : celui des objets connectés. Entre loisirs et divertissement, domotique, sécurité, sport et santé…, ce vaste marché ressemble aujourd’hui à une malle aux trésors dans laquelle le gadget le plus improbable côtoie innovation la plus ingénieuse.

Sous l’effet de la miniaturisation extrême et de l’omniprésence des réseaux sans fil (4G, Wifi, Bleutooth), chaque objet peut désormais être connecté et prendre une dimension nouvelle en « dialoguant » avec des terminaux (smartphone, PC) ou d’autres objets. Ce marché qui semble n’avoir d’autres limites que celles de nos imaginations, était jusqu’alors promis par les spécialistes à un avenir radieux. Cependant, la grande variété des estimations (1) attestait aussi de la difficulté à se projeter concrètement sur ce nouveau marché où tous les repères sont bousculés. Avec Apple et sa petite montre bracelet commercialisée en janvier prochain, le secteur semble aujourd’hui tenir sa locomotive ; la firme californienne ayant maintes fois démontré sa capacité à transformer des objets innovants en marchés planétaires florissants.

Entre gadgets et révolution

Parmi les secteurs où les objets connectés pourraient bien se tailler la part du lion, celui de la santé semble à la fois le plus mûr et le plus innovant. Pèse-personne, boites de médicaments, tensiomètres… uniquement dans le domaine de la santé (marché évalué à 80 milliards d’ici 2020 selon DMD Santé), la grande diversité des objets connectés masque parfois leur utilité réelle. Gadgets pour geek ou véritable révolution, comme à chaque fois en face d’une nouveauté, on est en droit de s’interroger sur les réels bénéfices patient. Or les technologies disponibles ouvrent ici des champs entiers de possibilités qui se révéleront avec les temps, mais déjà les applications en matière de prévention, de surveillance médicale et de télémédecine sont florès. L’Apple Watch par exemple embarque à elle seule suffisamment de capteurs  (cardiofréquencemètre, accéléromètre…) pour vous permettre de surveiller à la fois votre mobilité, votre niveau d’hydratation, votre pression artérielle, la position de votre corps, votre rythme cardiaque, la qualité de votre sommeil et votre glycémie par exemple. Couplée à une multitude d’applications présentes sur un terminal en charge de les enregistrer et de les organiser, chaque donnée peut alors être transmise automatiquement ou consultée à distance… par un médecin ou une infirmière qui sauront les interpréter et les mettre perspective.

Une infinité de services

Dès lors on comprend la multitude d’applications et de services réels qui en découlent. Dans le traitement des maladies chroniques notamment, la surveillance des indicateurs choisis (taux de glycémie, tensions artérielles, premiers symptômes, non prise d’un médicament …) peuvent être associés automatiquement à des seuils d’alerte qui déclenchent immédiatement l’intervention de personnes qualifiées. Ici, dans le traitement du diabète, c’est un patient insulino-dépendant qui utilise un stylo connecté afin de déterminer la dose d’insuline à s’injecter. Là, c’est un t-shirt connecté enfilé par un enfant qui permet de prévenir les crises d’épilepsie. Là enfin, grâce à un petit bracelet, c’est le rythme cardiaque d’une personne fragile qui est sous surveillance 24h/24. Parkinson, Alzheimer, handicap moteur, cécité, surdité… la quasi-totalité des pathologies et les situations de handicaps les plus complexes devraient trouver des solutions, sinon complètes tout au moins partielles, grâce à ces objets connectés. En enregistrant les données dans la durée, ces i-devices permettent également de fiabiliser l’historique d’un patient et d’obtenir un panorama plus complet sur son état de santé. La télémédecine s’enracine alors dans notre quotidien. Déjà des programmes à grande échelle voient le jour dans les hôpitaux notamment en France. Et les bénéfices ne sont pas seulement strictement médicaux, ils sont également psychologiques et financiers. En favorisant l’autonomisation des patients, ces petits objets leur permettent à la fois de mieux vivre leur maladie et de réduire les actes médicaux au strict nécessaire. Le médecin gagne un temps précieux sur les gestes techniques et voit valorisé son rôle de diagnosticien et de conseiller.

Ainsi, loin de conduire à une déshumanisation de la médecine, la révolution des objets connectés dans le domaine de la santé pourrait bien au contraire favoriser le temps d’écoute, les échanges et le dialogue… et pas seulement entre les objets.

(1) oscillant entre 30 M$ en 2018 selon Wearable Device et 1 900 $ d’ici 2020 pour Gartner.