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BlaBlaCar, succès symbole d’une révolution en marche

BlaBlaCar, succès symbole d’une révolution en marche

31/07/2014 - Tout début juillet, BlaBlaCar, startup française spécialisée dans le covoiturage, annonçait avoir levé 100 millions de dollars auprès d’un investisseur américain.

Comme souvent dans la nouvelle économie, ce sont les idées les plus simples qui font fortune. BlaBlaCar est fondée sur un concept vieux comme le monde, celui-là même qui a présidé à la création des transports en commun :  le partage d’un véhicule entre plusieurs voyageurs qui ont pour unique point commun (ou presque) de vouloir se rendre au même endroit à la même heure.

Mais, pourquoi un tel succès maintenant, alors ? Parce que le fruit était mûr.

BlaBlaCar est né de la rencontre entre une philosophie du partage (proche de l’esprit seventies de l’auto-stop), plusieurs technologies (portabilité téléphonique, de l’internet et la géolocation grâce au smartphone), une pression économique réelle (la réduction des coûts de transport devient une nécessité vitale pour beaucoup) et une conscience écologique (la lutte contre le réchauffement climatique).
 

La voiture, nouveau mode de transport en commun

A l’origine de cette sucess story à la française, Frédéric Mazzella, un jeune ingénieur s’apprête à passer les fêtes de fin d’année en famille. Seule ombre au tableau : Frédéric est sans voiture, et tous les trains affichent complets... C’est alors qu’il a l’idée de créer une nouvelle forme d’auto partage, basée sur le transport de voyageurs à moindre coût dans un esprit convivial et responsable. Une nouvelle forme d’économie collaborative était née... Nous sommes en 2006.

Confirmant une étude datée de 2010,  prédisant que le nombre d'utilisateurs du covoiturage ou de l’autopartage doit atteindre 5,5 millions en 2016 en Europe, Blablacar revendique aujourd’hui 8 millions de membres dans 12 pays d’Europe. Autant dire que l’entreprise a su lire les signes des temps et anticiper cette mutation vers un autre usage de la voiture. Celle qui représentait autrefois le symbole même de l’individualisme, prolongement ostentatoire de la réussite économico-sociale de son propriétaire, la voiture, désormais, est devenue fonctionnelle : elle se collectivise, se partage.
 

Plus qu’un changement d’échelle, une nouvelle ère

Avec ce changement d’échelle, BlaBlaCar industrialise un concept jusqu’alors artisanal et entérine une révolution qui prend vie sous nos yeux : la voiture devient un nouveau mode de transport en commun ! Selon une étude de l’observatoire Cetelem, le covoiturage serait déjà utilisé par 30 % des moins de 35 ans. Cette révolution peut surprendre car elle est d’un genre nouveau : paradoxalement, elle s’est développée à la fois extrêmement rapidement (BlaBlaCar n’avait encore qu’un seul salarié en 2009), mais aussi en « mode soft » (pas d’investissement fracassant dans la création d’infrastructure de transport ou de réseau de télécommunication par exemple, ce qui contribuera d’ailleurs à rendre BlaBlaCar très rapidement rentable). Tout était déjà là, attendant d’être mis en équation.

Pourtant les professionnels du transport avaient évidemment senti venir cette lame de fond. Ainsi, la SNCF a depuis longtemps anticipé cette évolution via son fond Ecomobilité Ventures (un fond commun à Orange et Total) qui a investi dans 123envoiture.com. Avec ce service de covoiturage en tout point identique à BlaBlaCar, mais aussi avec OuiCar, un site de location de voitures entre particuliers, la SNCF s’intéresse de plus en plus à la voiture et organise sa propre concurrence.

Cette époque inaugure aussi de nouvelles collaborations entre des startups et des grands groupes avec un seul objectif : créer les services qui seront au cœur de l’économie de demain. BlaBlaCar en confortant sa place de leader mondial du covoiturage, vient de prendre un ticket en première classe pour explorer ces nouveaux territoires.