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Les services santé et bien-être sont perçus comme le Graal

21/10/2014 - Accord National Interprofessionnel (ANI) sur la compétitivité et la sécurisation de l'emploi

Trois questions à Marie-Sophie Houis-Valletoux, Présidente de MX-Conseil, spécialiste depuis 20 ans de la protection sociale complémentaire

L’Accord National Interprofessionnel (ANI) du 11 janvier 2013 prévoit l’extension d’une complémentaire santé à tous les salariés français. Un an après où en est-on ?

Marie-Sophie Houis-Valletoux – Cet accord impose la mise en place d’une couverture santé complémentaire pour l’ensemble des salariés au plus tard avant le 1er janvier 2016. Après de multiples rebondissements, nous savons aujourd’hui que la négociation de branche ne pourra se faire que via le mécanisme de la recommandation. Pour pouvoir être recommandés, les organismes complémentaires doivent se plier à un certain nombre de contraintes en matière de solidarité et de prévention. A ce jour, il reste encore quelques incertitudes de taille liées, d’une part à l’attente des décrets d’application et, d’autre part, aux nouvelles règles qui régiront les contrats solidaires et responsables.

Quels sont les principaux enjeux de la généralisation pour le monde des complémentaires ?

MSHV - La seule certitude est le transfert d’une partie du marché de l’assurance santé complémentaire de l’individuel vers le collectif. Ce transfert ne va pas se traduire par une croissance du marché - car la couverture est déjà quasi universelle - mais par une concurrence accrue et une pression sur les marges importante. Les assureurs, qui ne partent pas tous égaux face à ces nouveaux défis, doivent donc investir davantage le terrain de la « petite collective »

Enfin, en quoi les services santé et l’assistance auront un rôle à jouer dans ce nouveau contexte ?

MSHV - Dans cette bataille concurrentielle, les services santé et bien-être sont perçus comme le Graal. Et, pour justifier cet engouement, les arguments ne manquent pas : un enjeu de différentiation, un outil de maîtrise du risque, le « Sésame » des recommandations (solidarité, prestations non contributives, prévention)… Ainsi, les assisteurs sont sollicités par les assureurs pour imaginer les services qui feront la différence. Les gagnants de demain seront ceux qui parviendront à trouver la bonne équation économique. C’est l’opportunité pour les assisteurs de redémontrer leur capacité à créer des offres de services qui ont de la valeur, c’est-à-dire un prix et une utilité.