Vacances d’été 2026 : les Français privilégient l’hexagone face aux crises mondiales et à une contrainte budgétaire
« Dans la continuité des niveaux records enregistrés l'année dernière, l'envie de voyager reste forte et intacte, malgré des compromis plus difficiles à faire et le coût de la vie qui reste une préoccupation majeure à l'échelle mondiale. Ce qui change, cependant, ce sont les caractéristiques mêmes du voyage. Les considérations de sécurité pèsent davantage sur le choix des destinations, les décisions étant de plus en plus influencées par les risques. Parallèlement, l’intelligence artificielle est désormais un véritable outil de planification pour un nombre croissant de voyageurs à travers le monde, avec un essor rapide, en particulier sur les marchés émergents et à forte croissance », explique Virginie Babinet, CEO assurance et assistance voyage du groupe Europ Assistance.
« En France, le désir de partir reste intact, mais les arbitrages évoluent clairement. Dans un contexte international plus instable et sous l’effet d’une contrainte budgétaire toujours forte, les voyageurs français adaptent leurs choix de destination et de durée, privilégiant plus que jamais la France. Ce baromètre montre également que de nouveaux usages émergent, avec une intelligence artificielle encore minoritaire mais déjà porteuse d’un potentiel de transformation dans la préparation des voyages. » déclare Francine Abgrall, directrice de la ligne métier voyage chez Europ Assistance France.
À l’approche de l’été, l’envie de vacances ne faiblit pas. 80% des Français (-2 points) se déclarent enthousiastes à l’idée de partir en vacances, un niveau quasi stable par rapport à l’an dernier et aligné avec la moyenne européenne (79%). Dans le même temps, les intentions de départ reculent nettement : 76% des Français prévoient de partir cet été, soit 6 points de moins qu’en 2025, l’un des replis les plus prononcés en Europe, même si le niveau reste supérieur à celui enregistré avant la crise sanitaire.
L’attachement aux vacances estivales demeure néanmoins solide. Trois Français sur quatre prévoient un départ entre juin et septembre 2026, dont 28% pour plusieurs séjours et 48% pour un seul voyage.
Géopolitique et sécurité : un nouveau cadre de décision pour les voyageurs français
Le contexte géopolitique influence désormais directement les décisions de voyage des Français. Plus d’un vacancier sur deux (55%) considère le risque de conflit armé comme un critère essentiel dans le choix de sa destination. Si ce niveau est stable par rapport à 2025, il a progressé de 12 points en 2 ans.
Le climat politique à destination s’impose également comme un facteur déterminant : 40% des voyageurs français le jugent désormais essentiel, soit +7 points par rapport à 2024, et oriente désormais les choix des destinations.
L’Iran arrive en tête des destinations que les Français éviteraient pour des raisons de sécurité ou politiques devant Israël, l’Afghanistan, les États-Unis et la Russie. Au total, 63% des Français déclarent que les conflits armés affectent directement leur envie de voyager (+5 points par rapport à 2025 et +30 points par rapport à 2023). Parmi ceux qui renoncent aux vacances estivales, 7% (+5 points) déclarent être préoccupés par la sécurité dans le pays de destination.
Le budget reste le premier arbitre des départs
La contrainte économique reste centrale. L’inflation influence l’envie de voyager de 78% des Français, en hausse de 4 points. Parmi ceux qui ne partiront pas cet été, 43% citent le budget comme principal frein, malgré une légère amélioration par rapport à 2025 (-4 points).
Dans le même temps, les Français continuent de préserver leurs vacances, mais sous contrainte. Le budget moyen atteint 1 864 euros3, en hausse de 90 euros sur un an, soit près de 5%, et se rapproche de la moyenne européenne établie à 2 089 euros. En revanche, la durée moyenne des vacances recule à 1,9 semaine, contre 2,1 semaines l’an dernier. Les Français consentent donc à maintenir un effort budgétaire, mais en ajustant la durée et, plus largement, le format de leurs séjours.
Partir, oui… mais plus près, davantage en France
Sous l’effet combiné des tensions internationales et des contraintes budgétaires, les choix évoluent nettement. Parmi les Français ayant déjà choisi leur destination, la France s’impose plus que jamais : 68% d’entre eux passeront au moins une partie de leurs vacances dans l’Hexagone (+1 point), dont 51% exclusivement en France, une progression spectaculaire de + 15 points.
À l’inverse, les séjours à l’étranger reculent nettement. Cet été, près d’un Français sur deux (49%) passera une partie de ses vacances hors de France, soit une baisse de 15 points, tandis que 32% seulement voyageront exclusivement à l’étranger (-1 point).
Le top 4 des destinations reste inchangé depuis trois ans – Italie 10%, Espagne 9%, Grèce 5% et Portugal 3%. A noter également que les Etats-Unis sortent du top 5 (1%), désormais remplacés par le Canada (3%).
En France, la hiérarchie des régions les plus attractives reste identique. La Provence-Alpes-Côte d’Azur arrive largement en tête, avec 20% des voyageurs français qui prévoient de s’y rendre cet été, malgré un recul de 6 points. L’Occitanie et la Bretagne se partagent la deuxième place à 16% chacune, en baisse équivalente de 6 points. L’Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine complètent le classement, à 14% chacune, avec une baisse respective de -4 points et -1 point.
A l’international, la France conserve par ailleurs une forte attractivité figurant dans le top 5 des destinations envisagées de 12 pays sur 26 couverts par l’étude. Sa popularité dépasse largement l’Europe : la France se hisse au 3e rang des destinations privilégiées par les Américains et les Canadiens, et séduit également les voyageurs Australiens (4e) et Néo-Zélandais (5e).
Un modèle français du voyage se confirme
Les pratiques de voyage confirment un modèle français distinctif. Le littoral reste très largement le cadre de séjour privilégié (67%, +2 points), devant la moyenne européenne (62%). A l’inverse, la France se distingue par un moindre attrait pour les city trips arrivant en dernière position avec 18% contre 27% en moyenne en Europe.
Les vacances se déroulent majoritairement en famille : 83% des Français privilégient ce format, contre 80% à l’échelle européenne. Ils sont en revanche moins nombreux à envisager de partir entre amis (12%, contre 17% pour la moyenne européenne).
Ce modèle se reflète également dans les modes d’hébergement. Les Français restent les champions européens de la location saisonnière, choisie par 38% d’entre eux (-4 points), contre 30% des Européens, et du camping, retenu par 14% des répondants (-1 point), contre 9% en moyenne à l’échelle européenne. Tandis que l’hôtel est moins privilégié, avec 33 % contre 42% pour la moyenne européenne. Parmi les pays européens couverts par l’étude, la France est celui ou le “all-inclusive” est le moins choisi : seuls 9% des Français y ont recours, contre 17% pour la moyenne européenne.
Enfin, côté mobilité, la voiture demeure le principal mode de transport pour les vacances d’été, choisie par 63% des Français (-2 points) contre 53% des Européens. L’avion est moins utilisé en France qu’ailleurs en Europe, avec 33% des intentions de mode de transport contre 47% à l’échelle européenne.
Encore minoritaire, l’IA pourrait changer d’échelle rapidement
L’usage de l’intelligence artificielle spécifiquement dans la préparation des voyages progresse en France : 19% des Français y ont déjà eu recours, soit +4 points en un an.
Derrière cette adoption encore limitée se dessine une dynamique beaucoup plus puissante. Les utilisateurs actuels s’appuient sur l’IA à presque toutes les étapes du voyage, tandis que les freins pour les non-utilisateurs restent avant tout liés à une absence d’usage de l’IA au quotidien, plus qu’à une défiance spécifique envers son utilisation dans le domaine du tourisme.
Cette évolution pourrait rapidement changer d’échelle : 24% des Français envisagent de s’appuyer principalement sur l’IA pour planifier leur prochain voyage, une proportion qui atteint 71% chez les utilisateurs. Plus encore, 78% d’entre eux se disent prêts à confier l’ensemble de leurs réservations à l’IA, dont 29% sans validation préalable.
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Tendances mondiales : Les intentions de voyage restent fortes et inchangées, même si les questions de sécurité influencent de plus en plus les choix des voyageurs.
Avec l'intelligence artificielle, une nouvelle étape est franchie dans la planification des voyages, son adoption s'accélérant sur tous les marchés, ce qui confirme son rôle croissant dans ce domaine à l'échelle mondiale
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1 Méthodologie : l'édition 2026 du Baromètre annuel des vacances d'Europ Assistance par Ipsos a été réalisée dans 26 pays : États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Italie, France, Espagne, Suisse, Allemagne, Autriche, Portugal, Belgique, Pologne, République tchèque, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Inde, Singapour, Hong-Kong, Japon, Malaisie, Australie, Corée du Sud, Nouvelle Zélande, Argentine, Brésil et Mexique. Pour chacun de ces pays, un échantillon représentatif de 1000 individus âgés de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession) après stratification par région et par taille de ville, a répondu à un questionnaire en ligne. L'enquête a été réalisée du 27 février au 7 avril 2026 et a porté sur les projets de vacances et les préférences en matière de voyage.
2 Début du conflit au Moyen Orient : le 28/02/2026
3 Base d’un foyer moyen de 2.4 personnes en France. Un foyer est l’ensemble des personnes de la famille qui sont concernées par le budget vacances énoncé par le répondant.



